CONSEILS TARDIFS A HILLER
resser à l'œuvre de son mari ses nombreux compatriotes habitant Dresde, et qu'elle recevait fréquemment à ses soirées. A la -première représentation, ses amis, habitués du théâtre, avaient entraîné le public en applaudissant avec enthousiasme ; eux-mêmes éprouvèrent cependant si peu de goût pour cet opéra qu'ils ne retournèrent pas à la seconde. Le public étant peu nombreux, le sort défavorable de Conradin paraissait donc fixé. Mais alors tout fut mis en œuvre pour que la pièce fût rejouée un dimanche et l'on appela à la rescousse toutes les forces de Pologne. Avec sa chevalerie habituelle, l'aristocratie polonaise remplit son devoir envers le couple inquiet dans le salon duquel on avait passé de si agréables soirées. Tout marcha à souhait, le compositeur fut acclamé et Hiller se fia à l'expérience qui veut que le succès d'une pièce dépende de la troisième représentation, comme cela avait été le cas pour Tannhàuser, Mais l'artifice fut dévoilé à cette quatrième représentation, à laquelle j'assistais, et où nul autre ne s'était cru obligé de venir, puisque le compositeur n'était plus là. Ma nièce se montra fort humiliée et déclara que le plus grand talent d'une cantatrice n'arriverait pas à sauver un opéra aussi ennuyeux que celui-là.
Tout en assistant à cette détresse, je remarquai différentes fautes que je signalai au poète. Il en fit part à Hiller et aussitôt celui-ci m'éenvit de Dusseldorf une lettre de brûlante amitié où il confessait son tort d'avoir, autrefois, refusé mes conseils dans le choix du sujet. Il me faisait de plus comprendre assez clairement qu'il était temps encore de corriger l'opéra suivant mes indi-