CONDUITE DE M. DE LUTTICHAU
cations et qu’ainsi j'aurais le mérite de conserv^er au répertoire une pièce remplie de bonnes intentions et remarquable dans son genre... C'était trop tard !
Pour mon propre compte, j'eus la petite satisfaction d'apprendre que Rienzi avait encore été joué deux fois à Berlin. Le maître de chapelle Taubert me fit part luimême du bon effet de diverses coupures qu'il avait opérées et dont il croyait pouvoit être fort content. Je ne pouvais toutefois plus compter sur un succès durable et lucratif de ma pièce à Berlin, et il m'était impossible de celer plus longtemps à M. de Lüttichau la nécessité où j'étais d'obtenir une augmentation de traitement, si je devais remplir mes fonctions avec l'entrain voulu. N'osant plus me fier à des revenus venant du dehors, ni à ma malheureuse entreprise d'édition, je constatai que mes maigres appointements ne me suffisaient plus. Du reste, je ne demandais qu'à être mis sur le même pied que mon collègue Reissiger, ce qu'on m'avait promis dès le début.
Le moment parut bien choisi à M. de Lüttichau pour me faire sentir que j'étais sous sa dépendance et que, si je voulais conserver ses bonnes grâces, j'avais à me montrer docile. J'avais sollicité la faveur du roi dans une audience particulière et M. de Lüttichau me promit d'écrire le rapport nécessaire en l'appuyant de son mieux. Mais quelles ne furent pas ma terreur et mon humiliation, lorsque, pour me faire comprendre la réponse du roi, Lüttichau me communiqua son propre rapport ! Il y disait que la trop haute estime que j'avais de mon talent et malheureusement aussi l'absurde adulation d'amis