M«"« LAUSSOT. — CARL RITTER. — HANS DE BULOW
OÙ les attiraient les jouissances artistiques. Je me rappelai ravoir vu déjà chez moi après la première de Tannhàuser; il était venu me demander de mettre ma signature sur une partition de Topéra qu*il venait de se procurer chez Téditeur. J'appris alors que cet exemplaire appartenait à Mme Laussot, qui avait assisté à la représentation et qui, aujourd'hui, désirait me connaître. La jeune femme m'exprima son admiration avec une grande timidité et d'une façon qui m'était encore inconnue. Elle me dit son regret de devoir quitter Dresde, son séjour favori, ainsi que la famille Rit ter dont elle me révéla le grand dévouement à ma personne. J'éprouvai un sentiment étrange et tout nouveau quand ces jeunes amis me quittèrent. Depuis le temps du Fliegender Hollaender, où Alwine Frommann et Werder étaient venus à moi, je rencontrais pour la première fois une sympathie de date récente qui ressemblait à une vieille amitié et dont le ton chaleureux était inconnu à mon entourage. J'invitai le jeune Ritter à me voir quand il lui plairait et à m'accompagner dans mes promenades. Sa très grande timidité semble l’avoir empêché de le faire et je me rappelle ne l'avoir vu chez moi que rarement. Plus tard, toutefois, il se joignit à Hans de Bulow avec lequel il s'était hé et qui venait de prendre ses inscriptions d'étudiant en droit à l'université de Leipzig. Celui-ci, plus loquace et communicatif, me témoigna un attachement inaltérable auquel je ne pus m'empêcher de répondre. C'est chez lui que je vis les premiers signes extérieurs de l'enthousiasme pohtique. Sur son chapeau et sur celui de son père brillait la cocarde noire.