‹ Ma vie. II, 1842-1850Chapitre 175 sur 276 · MES APPELS AU PEUPLE · texte numérisé non relu

MES APPELS AU PEUPLE

rouge et or (anciennes couleurs de TEmpire germanique).

Ayant mis la dernière main à mon Lohengrin, j'eus le loisir de tourner les yeux sur la marche des événements et je ne pus rester indifférent à TébuUition qu'avait provoquée l'idée de l'unité allemande et les espoirs qui s'y rattachaient. Mon jugement pohtique s'était suffisamment formé, spécialement au contact de mon ami Hermann Franck, pour ne pas attendre grand'chose d'efficace du nouveau parlement; néanmoins, je subissais l'influence inévitable de l'opinion générale qui croyait à l'impossibilité d'une réaction. Mais au lieu de paroles, je voulais des actions, et des actions par lesquelles nos princes rompraient définitivement avec leurs tendances si nuisibles à l'intérêt pubhc. Cet état d'esprit m'enthousiasma au point que j'adressai ^ux princes et aux peuples allemands un appel poétique populaire, les conviant à la guerre contre la Russie, car c'était de là qu'était venu le malheureux mouvement autocratique qui avait ahéné 1 affection des peuples à leurs souverains. Voici une des strophes de cet appel :

C^est la lutte avec le Slave

Qui reprend aujourd’hui.

Peuple, seras-tu son esclave?

Non ! ton glaive a relui !

N ayant aucune relation avec un journal pohtique et ayant appris par hasard qu'Auerbach se trouvait à Mannheim où on l'avait vu à la tête d'un mouvement révolutionnaire, je lui envoyai ma poésie en le priant d'en faire ce que bon lui semblerait. Il ne m'a jamais répondu.

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