‹ Ma vie. II, 1842-1850Chapitre 177 sur 276 · PROJET D’ARMEMENT POPULAIRE · texte numérisé non relu

PROJET D’ARMEMENT POPULAIRE

blêmes qu*il cherchait à résoudre, son entendement s'aiguisa ; il réfutait avec une tranchante intransigeance la plus banale assertion, de sorte qu'il se vit enfin dans la position du prédicateur dans le désert. Tous les sujets lui devinrent familiers.

L' « Association des patriotes » ayant nommé un comité chargé d'élaborer un projet d'armement populaire, Rœckel y fut élu avec quelques démocrates pur sang et quelques experts militaires ; parmi ceux-ci on remarquait l'ancien fiancé de la Schrœder-Devrient, mon vieil ami Hermann Millier. Lui et un autre heutenant des gardes, nommé Zichlinsky, furent les seuls officiers de l'armée saxonne qui prirent part au mouvement poütique. Comme ami des arts, j'assistais aux séances de ce comité. Si j'ai bonne mémoire, ce projet, qui fut imprimé, renfermait des principes très justes, quoique sans doute inexécutables, sur la constitution d'une vraie défense nationale.

Moi-même, je me sentais de plus en plus stimulé à donner mon avis dans ces questions pohtiques et sociales qui occupaient tout le monde, surtout lorsque je constatai la terrible platitude et les phrases banales où se complaisaient les meneurs. Bien que je dusse me dire que des personnes bien informées telles que H. Franck, ne se hvreraient, à mon grand regret, à aucune manifestation, aussi longtemps que cet absurde tohu-bohu serait à l'ordre du jour, je me sentais porté, dès que l'occasion s'en présentait, à discuter à fond ces problèmes. Naturellement, les journaux jouaient un rôle horriblement excitant.

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