RÉPUBLIQUE OU MONARCHIE
L' « Association des patriotes », aux réunions de laquelle je ne me mêlais qu'en spectateur lorsqu'elles avaient lieu dans un jardin public, avait donné comme thème de discours à ses orateurs : République ou monarchie ! Mon étonnement fut grand d'apprendre avec quelle incroyable trivialité cette question était traitée; on ne savait dire qu'une chose : que la république était certainement préférable, mais que si la monarchie se conduisait bien, on pourrait au besoin s'en contenter. Ce sujet ayant donné heu à diverses discussions animées, je notai mon opinion personnelle dans un article que je fis paraître sans signature dans la Gazette de Dresde, Je désirais attirer 1 attention des quelques esprits sérieux sur la valeur des gouvernements plutôt que sur leur forme. Après avoir décrit les besoins et obhgations nécessités par le progrès des conditions politiques et sociales et avoir ébauché les conséquences de ce progrès, je posai la question de savoir si cet idéal n'était pas réahsable avec un roi à la tête du pays ; je m'oubhai à dépeindre ce roi, heureux lui-même de régner avec un gouvernement à base républicaine qui lui permettrait d'atteindre les buts les plus nobles. Toutefois, je croyais devoir conseiller à ce roi de se montrer vis-à-vis de son peuple plus confiant que cela n'était possible avec la cour et la noblesse qui l'entouraient. Je finissais en disant que le roi de Saxe me paraissait être destiné à montrer le bon exemple aux princes allemands.
Rœckel trouva cet article inspiré par l'ange de la conciliation. Craignant qu'il ne passât inaperçu et faisant grand cas de mon talent d'orateur, il me pressa de le