MES RELATIONS AVEC DES DÉPUTÉS
nête Oberlaender, qui n’était ni très cultivé ni grand ami des arts, qu’il me fallut présenter mon projet, non sans l’avoir toutefois recommandé aussi à . von der Pfordten. Fort occupé, celui-ci m’avait reçu aimablement et avait protesté de son appui, mais toute sa personne et l’expression de sa physionomie m’eurent bientôt enlevé la confiance que j’avais de rencontrer chez lui l’intérêt attendu.
Le ministre Oberlaender, si simple et sérieux, me tranquillisa, lui, aussitôt ; seulement sa grande franchise le força à m’avouer qu’il avait peu d’espoir de recevoir du roi l’autorisation nécessaire pour traiter une question jusque-là réglée par la routine ; il ne se dissimulait pas, en outre, que le monarque n’avait avec ses nouveaux ministres que des rapports forcés et manquant de confiance ; lui-même n’arrivait jamais à l’entretenir d’autre chose que de l’expédition nécessaire des affaires courantes. Il crut donc que je ferais mieux de remettre mon projet directement à la Chambre.
Désirant, avant tout, empêcher que cette affaire de théâtre (au cas ou elle serait soulevée dans la discussion sur la liste civile) ne fût traitée dans le sens de l’ignorance radicale, je ne reculai pas devant la peine de me faire présenter à quelques députés influents. Je pénétrai ainsi dans une sphère toute nouvelle et singuHère, et j’appris à connaître des opinions et des personnes qui m’avaient été absolument étrangères jusqu’alors. Le désagréable de l’affaire était de ne pouvoir rencontrer ces messieurs que devant une chope de bière et de devoir leur exposer mes intentions, si neuves pour eux, au müieu de la plus