‹ Ma vie. II, 1842-1850Chapitre 188 sur 276 · JUBILÉ DE LA CHAPELLE ROYALE · texte numérisé non relu

JUBILÉ DE LA CHAPELLE ROYALE

Germains, En y travaillant, je vis la possibilité d’employer un des éléments de ce sujet dans un drame musical. Mais je ne me familiarisai que lentement et avec la plus grande hésitation à l’idée de sa réalisation, car celle-ci me paraissait offrir trop de difficultés scéniques. Je ne trouvai le courage de m’occuper sérieusement de ce nouveau travail que lorsque j’eus renoncé absolument à tout espoir de rendre ma situation tenable à notre théâtre de Dresde. J’y étais devenu indifférent et, dans les conditions d’alors, les chances d’existence de l’opéra me laissaient assez froid. Quant à Lohengrin, il ne me restait qu’à en attendre une bonne représentation à Dresde et, admettant que je l’obtinsse, à m’en contenter pour toujours. J’avais annoncé à M. de Lüttichau l’achèvement de la partition, mais vu le moment défavorable, je lui avais laissé la liberté de déterminer l’époque où la pièce pourrait être jouée.

Sur ces entrefaites, l’archiviste de la chapelle royale se rappela que trois cents ans auparavant on avait posé les premiers fondements de cet institut officiel et qu’on avait à fêter un jubilé. Il fut décidé de donner au théâtre un grand concert de gala dans lequel seraient exécutées des compositions des maîtres [de chapelle saxons de toutes les époques. Les musiciens, leurs deux directeurs en tête, durent d’abord rendre hommage au roi à Pillnitz. A cette occasion, et pour la première fois, un musicien fut nommé chevalier de l’Ordre pour le Mérite. Ce musicien était mon collègue Reissiger, jusqu’alors fort peu apprécié de la cour et de l’intendant, mais qui s’était placé dans un joiu: très favorable (surtout en

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