‹ Ma vie. II, 1842-1850Chapitre 189 sur 276 · REISSIGER DÉCORÉ · texte numérisé non relu

REISSIGER DÉCORÉ

comparaison de moi), par la façon bruyante dont il avait proclamé ses sentiments de monarchiste pendant la période des troubles. Aussi lorsqu*il se montra au concert, paré de sa décoration extraordinaire, fut-il accueilli par les acclamations d'allégresse d'un public tout conservateur. Son ouverture de Yelva provoqua une salve d'applaudissements qu'il n'entendit plus jamais depuis, tandis que le premier finale de Lohengrin, échantillon du plus jeune maître de chapelle, fut reçu avec une tiédeur à laquelle les Dresdois ne m'avaient pas accoutumé.

Un banquet nous réunit après le concert et je ne me gênai pas d'y exprimer franchement et fermement mes idées sur ce qui dans l'avenir devait faire arriver à la perfection les membres de la chapelle. Marschner qui, en sa qualité d'ancien chef d'orchestre de Dresde, avait été invité à la fête du Jubilé, me fit observer que ma trop bonne opinion des musiciens leur nuirait beaucoup. Je devais réfléchir que j'avais devant moi des gens peu instruits et ne connaissant que leur seul instrument; en leur parlant d'aspirations artistiques, on ne provoquait chez eux que de la confusion et du mauvais sang.

Un plus beau souvenir que celui de ces festivités est celui de la paisible fête commémorative qui, le matin du jubilé, nous réunit autour de la tombe de Weber. Personne n'ayant trouvé un mot à dire et Marschner n'ayant prononcé qu'une allocution assez sèche et presque irré vérencieuse, je ressentis le besoin d'adresser au maître disparu quelques paroles émues qui donnèrent à cette cérémonie son véritable caractère.

Ces impulsions artistiques avaient amené une brève

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