‹ Ma vie. II, 1842-1850Chapitre 190 sur 276 · AGITATIONS POLITIQUES · texte numérisé non relu

AGITATIONS POLITIQUES

interruption dans mes préoccupations politiques, mais celles-ci reprirent bientôt le dessus. En octobre, les événements de Vienne eurent une violente repercussion chez nous. Chaque matin des affiches rouges et noires s'étalaient sur les murs ; on y hsait des appels à prêter main forte aux Viennois et des malédictions à l'adresse de la Monarchie rouge (par allusion à la République rouge, décriée) et d'autres incitations du même genre. Sauf sur les personnes qui étaient initiées à la marche des choses, et qui ne couraient pas les rues, ces événements exerçaient sur la population une influence inquiétante. Lorsque Windischgraetz entra à Vienne, que Frœbel fut gracié et Blum fusillé, il sembla que tout allait éclater à Dresde. On organisa une grande démonstration en l'honneur de Blum; un cortège interminable parcourut la ville : le ministère marchait en tête et, à l'amusement général, le prudent M. von der Pfordten dut y prendre part à son corps défendant. A partir de ce jour, 1 horizon poütique devint de plus en plus sombre et tout le monde semblait attendre une catastrophe. Blum s’étant autrefois fait craindre et haïr comme agitateur à Leipzig, on alla juqu'à prétendre à haute voix que sa mort était due à la grande-duchesse Sophie, qui aurait voulu rendre ainsi à sa sœur, la reine de Saxe, un service d amitié. Des bandes de réfugiés viennois, dans Tuniforme de la Légion académique, arrivèrent à Dresde et leurs personnaütés menaçantes finirent par y devenir communes.

Je me rendis un soir au théâtre pour diriger une représentation de Rienzi, quand le valet de 1 orchestre vint m'annoncer que plusieurs messieurs desiraient me

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