LES DÉCORS DE « LOHENGRIN
époque, le fils de mon vieil ami F. Heine était revenu de Paris où T avait envoyé la direction pour étudier la peinture décorative auprès des artistes Despléchins et Diéterle. Il lui restait à montrer ce qu'il avait appris pour obtenir une place au Théâtre de la cour. C est pourquoi il avait demandé qu'on le chargeât de peindre les décors de Lohengrin et avait amené M. de Lüttichau à jeter les yeux sur mon dermer ouvrage. Mon assentiment acquis, on céda au vœu du jeune Heine.
Cette tournure des choses me causa une vive satisfaction, car je voyais dans la préparation de Lohengrin une occupation qui me distrairait, je l'espérais, de toutes les agitations et des troubles de ces derniers temps. Aussi mon effroi fut-il grand lorsqu'un jour le jeune Wilhelm Heine vint m'annoncer qu'on lui avait soudain décommandé les décors de Lohengrin en lui donnant l'ordre de commencer ceux d'un autre opéra. Je ne prononçai pas un mot et ne m'informai en aucune façon des motifs de cette conduite étrange. Plus tard, sur les affirmations de M. de Lüttichau à ma femme, j'ai regretté, en admettant qu'elles fussent sincères, de l'avoir désigné comme auteur principal de cet affront et de m être détourné irrévocablement de lui à partir de ce moment-là. Bien des années après, il répondait encore à ceux qui 1 interrogeaient là-dessus que la cour était alors trop mal disposée à mon égard pour que, malgré son désir de faire représenter mon opéra, il pût surmonter les difficultés quil avait rencontrées.
Quoi qu'il en soit, l'amertume que j'en ressentis eut sur moi une influence décisive, car elle anéantit en son