‹ Ma vie. II, 1842-1850Chapitre 194 sur 276 · DISGRÂCE ROYALE ET DIRECTORIALE · texte numérisé non relu

DISGRÂCE ROYALE ET DIRECTORIALE

influence et me fît entendre raison. Mais ayant rempli sa mission et entendu ma déclaration ferme de ne plus paraître aux conférences théâtrales de l’intendant, Devrient ne put s’empêcher de sourire ; il avoua qu il n y avait plus rien à faire et que M. de Lüttichau serait obügé de se tirer d’affaire tout seul.

Aussi longtemps que mon destin me retint encore à Dresde comme maître de chapelle, j’éprouvai les conséquences de la disgrâce royale et directoriale. Les concerts d’abonnement, organisés par moi l’hiver précédent, furent placés sous la direction de Reissiger ; aussi reprirent-ils sur-le-champ le caractère de nullité des concerts habituels. Le pubUc y perdit tout intérêt et l’on eut de la peine à en assurer le maintien.

A l’Opéra je n’étais pas arrivé à faire représenter le Fliegender HoUaender, auquel le talent mûri de Mitterwurzer eût donné une interprétation hors hgne. Ma nièce Johanna, à laquelle j’avais destiné le rôle de Senta, le trouva désagréable ; elle préférait Zampa et la Favorite, en quoi elle était soutenue par mon ancien enthousiaste de Rienzi, Tichatschek, qui, lui aussi, était ravi de pouvoir s’accoutrer de trois brillants et nouveaux costumes fournis par la direction. Du reste, ces deux étoiles de l’Opéra de Dresde s’étaient alliées pour résister à mon rigorisme dans le répertoire et m avaient prouve leur animosité en obtenant qu’on jouât, à ma honte, cette Favorite de Donizetti, dont à Paris, autrefois, il m’avait fallu faire les arrangements pour Schlesinger.

J’avais combattu de toutes mes forces contre le choix de cet opéra dont le rôle de l’héroïne était, de 1 avis même

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