DÉPART DU ROI POUR KŒNIGSTEIN
afin de continuer mes observations sur ces événements inouïs.
Le jeudi 4 mai, Thotel de ville devint pour ainsi dire le siège du mouvement révolutionnaire. La nouvelle que le roi et toute la cour, sur le conseil de son ministre Beust, avait quitté le château pour se rendre en bateau à la forteresse de Kœnigstein sur TElbe, remplit d'effroi la partie modérée de la population qui espérait encore une entente pacifique entre le monarque et son peuple. En cette occurrence, le Conseil municipal se vit débordé par les événements et appela à son aide ceux des membres de la Chambre saxonne qui n'avaient pas quitté Dresde ; ils se réunirent à l'hôtel de ville pour conférer sur les mesures à prendre afin de protéger l'État qui semblait devoir crouler. On envoya une députation au ministère ; elle revint en disant qu'il était introuvable. En même temps la nouvelle se répandit que, d'après une convention signée autrefois avec le roi de Prusse, celui-ci allait expédier des troupes pour occuper Dresde. Il fallait donc trouver le moyen de se protéger contre l'attaque de hordes étrangères.
Le même jour arriva la nouvelle de la victoire du mouvement allemand en Wurtemberg, où l'armée, par sa déclaration de fidélité au Parlement, avait déjoué les intentions du gouvernement, de telle sorte que celui-ci avait accepté, bon gré mal gré, la Constitution allemande. Les politiciens réunis à l'hôtel de ville en tirèrent la conclusion qu'à Dresde aussi les choses pourraient s'arranger à l'amiable, pour peu qu'on parvînt à décider les troupes saxonnes à prendre une attitude analogue à celles du Wurtemberg.