‹ Ma vie. II, 1842-1850Chapitre 208 sur 276 · LES RENFORTS DE L’ERZGEBIRGE (7 MAI · texte numérisé non relu

LES RENFORTS DE L’ERZGEBIRGE (7 MAI

strasse »; à mesure qu*elle se rapprochait, la brume se dissipait et bientôt le soleil, répandant une lueur pourprée, fit briller les fusils d'une longue colonne qui arrivait sur la ville. Il n'était pas possible de résister à l'impression de ce spectacle ; ce que j'avais si longtemps regretté chez le peuple allemand, l'élément dont l'absence avait tant contribué à gâter mon humeur, se présentait soudain à mes regards ainsi qu'un symbole aux vives couleurs. Cette colonne, c'était plusieurs milliers de mineurs de l'Erzgebirge, bien armés et bien organisés, qui accouraient au secours de Dresde. Nous les vîmes défiler devant l'hôtel de ville ; puis, après qu'on les eut acclamés, ils dressèrent leur camp sur la place et se reposèrent. De semblables renforts parvinrent à la ville tout le jour ; la bravoure dont on avait fait preuve la veille semblait recevoir sa récompense.

Cependant les troupes prussiennes paraissaient avoir modifié leur plan d'attaque : au heu de se concentrer sur une seule position, elles chargèrent sur différents points à la fois. Les nouveaux venus avaient amené quatre petits canons appartenant à un M. Thade de Burgk ; je le connaissais d'autrefois par le discours très bienveillant, mais ridiculement ennuyeux, qu'il avait prononcé à la fête anniversaire de la « Liedertafel ». Je me souvins de lui avec une certaine ironie lorsque, des barricades, ses canons firent feu sur les assaillants.

Mais l'impression que j'éprouvai fut autrement grave quand, vers onze heures, je vis un violent incendie dévorer le vieil Opéra où, peu de semaines auparavant, j'avais dirigé la dernière exécution de la neuvième Sym-

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