‹ Ma vie. II, 1842-1850Chapitre 211 sur 276 · RŒCKEL EN PLEINE ACTION (8 MAI 1S · texte numérisé non relu

RŒCKEL EN PLEINE ACTION (8 MAI 1S

Un peu plus loin, dans une rue solitaire du faubourg de Plauen, je croisai le musicien Hiebendahl, hautbois de la chapelle, très estimé à présent encore. Il portait Tuniforme de garde communal, mais sans fusil, et causait avec un citoyen sans arme également. Lorsqu’il m’aperçut il crut devoir faire appel à mon intervention contre Rœckel qui, accompagné d’une ordonnance révolutionnaire, était en train de perquisitionner le quartier à la recherche des fusils. Mais comme, en même temps, moi je m’informais amicalement de Rœckel, il s’arrêta effrayé et me demanda fort inquiet : « Mais, monsieur le maître de chapelle, ne songez-vous donc pas à votre position et à ce que vous risquez de perdre en vous exposant ainsi? » Cette exhortation me fit éclater de rire et je lui déclarai que je ne me souciais guère de ma position. Et, en effet, je n’exprimais ainsi que le fond de ma pensée, dissimulé si longtemps et qui soudain se montrait presque trop franchement au jour.

En ce moment, je vis Rœckel venir à moi, suivi de deux gardes communaux portant quelques fusils. Il me salua cordialement, mais se tournant tout de suite vers Hiebendahl et son voisin, il leur demanda pourquoi ils se baladaient par là en uniforme, au lieu d’être à leur poste. Hiebendahl s’excusa, expliquant qu’on avait réquisitionné son fusil. Alors Rœckel leur cria en riant : « Vous êtes de propres gaillards ! » et il les planta là. Tout en marchant, Rœckel me conta rapidement ses aventures depuis que nous ne nous étions vus et il eut la délicatesse de ne point s’informer de ce que j’avais fait de son journal.

Mais bientôt nous fûmes interrompus par une

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