PROPOSITIONS DE BAKOUNINE
que, jusqu'à présent, on avait résisté avec succès aux assauts de Tennemi ; cependant le nombre des assaillants s'était accru sensiblement et, par une attaque combinée, ils avaient réussi à s'emparer de la forte barricade de la rue Wildstruf. Les soldats prussiens avaient abandonné la tactique des combats dans la rue ; maintenant ils se battaient de maison à maison, les perçant l'une après l'autre. Avec ce système, il était à prévoir que les barricades ne serviraient plus à rien et que l'ennemi finirait par pénétrer lentement, mais sûrement, jusqu'au siège du gouvernement provisoire, à l'hôtel de ville.
Bakounine alors avait proposé de mettre toutes les provisions de poudre dans les caves de cet édifice et de le faire sauter à l'approche des Prussiens. Mais le conseil municipal qui continuait à vaquer à ses fonctions dans une arrière-salle, avait protesté avec énergie contre cette proposition. Bakounine persistant dans son idée, le conseil l'avait dupé en se hâtant de faire éloigner toutes les provisions de poudre et en gagnant à sa cause Heubner, auquel Bakounine ne savait rien refuser. Toutes les dispositions ayant été prises, la retraite vers l'Erzgebirge, qui aurait dû se faire le jour précédent, avait été définitivement décidée pour le lendemain matin de bonne heure. Le jeune Zichlinsky avait déjà reçu l'ordre de protéger la route de Plauen dans ce but. Je m'informai de Rœckel ; Bakounine m'apprit brièvement qu'on ne l'avait plus vu depuis la veille : sans doute il s'était fait prendre, car il était devenu « nerveux ».
Je racontai à mon tour ce que j'avais observé dans ma course à Chemnitz ; j'annonçai l'arrivée de renforts puis-
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