‹ Ma vie. II, 1842-1850Chapitre 217 sur 276 · S RETRAITE ARMÉE VERS L’ERZGEBIRGE · texte numérisé non relu

S RETRAITE ARMÉE VERS L’ERZGEBIRGE

sants, de la garde communale de Chemnitz, entre autres, forte de plusieurs milliers d’hommes. A Freiberg, j’avais rencontré quatre cents réservistes d’excellente tenue ; ils venaient au secours des combattants de Dresde, mais la fatigue avait arrêté leur marche. De toute évidence, l’énergie nécessaire à la réquisition des voitures leur manquait. Pour peu qu’on osât franchir les limites de la loi^ on pouvait rassembler ces hommes et les employer utilement dans l’intérêt de la cause du peuple.On me pria de rebrousser chemin tout de suite et de faire part des intentions du gouvernement provisoire à ces troupes que je connaissais à présent.

Mon vieil ami Marschall de Bieberstein s’offrit à m’accompagner ; j’en fus bien aise, car ayant une charge dans le gouvernement provisoire, il était mieux à même de transmettre des ordres officiels. Cet homme étonnamment ardent, que les insomnies avaient épuisé et dont la gorge rauque n’arrivait plus à émettre une parole distincte, quitta donc l’hôtel de ville avec moi pour se rendre par les chemins difficiles que j’ai mentionnés à sa demeure située dans le faubourg de Plauen et dénicher chez un cocher de sa connaissance la voiture qu’il nous fallait pour cette expédition. Il voulait en même temps prendre congé de sa famille dont il prévoyait être séparé pour longtemps. Tout en attendant le cocher, nous causâmes pleins de calme et de sang-froid avec les dames de la maison qui nous avaient préparé le thé.

Le lendemain matin nous arrivions à Freiberg, après toutes sortes d’aventures. Je me mis aussitôt à la recherche des réservistes. Marschall leur conseilla de réquisitionner

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