RENCONTRE DU GOUVERNEMENT PROVISOIRE
dans les villages autant de voitures et de chevaux qu'ils pourraient. Quand ils se furent mis en marche pour Dresde et que moi, poussé par le désir passionné de prendre part aux événements de la ville, je voulus y retourner encore, Marschall me déclara que sa mission Tobhgeait à pousser plus avant dans le pays et il me demanda la permission de me quitter.
Abandonnant de nouveau les hauteurs de TErzgebirge, je me dirigeai donc vers Tharand en voiture de poste particulière. Terrassé par le sommeil, je m'endormis. Je fus réveillé brusquement par des cris violents et les réclamations du postillon. Ouvrant les yeux, je vis à mon indicible surprise la route couverte de francs-tireurs qui revenaient de Dresde au lieu d'y aller. Quelques-uns essayaient de persuader au cocher de faire volte-face afin qu'ils pussent profiter de la berline.
— Qu'y a-t-il? leur criai-je. Où allez-vous donc?
— A la maison, me répondirent-ils. C'est fini à Dresde. Là-bas, dans cette voiture, c'est le gouvernement provisoire qui nous suit.
Je bondis de mon siège et laissant le véhicule à ceux qui étaient fatigués, je descendis en hâte la route assez raide et courus à la rencontre du malheureux gouvernement provisoire. Et, en vérité, dans un élégant landau de location qui montait lentement la côte, j'aperçus Heubner, Bakounine et Martin, l'énergique secrétaire des postes. Ces deux derniers portaient un fusil. Les employés du secrétariat avaient pris place sur le siège et derrière étaient accrochés tous les gardes nationaux fatigués, qui avaient pu trouver de la place. Comme je