‹ Ma vie. II, 1842-1850Chapitre 224 sur 276 · ARRIVÉE A CHEMNITZ · texte numérisé non relu

ARRIVÉE A CHEMNITZ

horrible réalisme dans la Symphonie fantastique de Berlioz, à Paris.

Soudain, je fus pris du désir de revoir mes amis ; peutêtre pouvais-]e me joindre à eux pour aller à Chemnitz. Mais ils n'étaient plus à la mairie ; je courus chez Heubner ; on me dit qu'il dormait. Je retournai alors vers la diligence qui attendait toujours que la route fût libre. Plein d'impatience et de soucis, je marchai de long en large ; finalement, je perdis toute confiance et retournai au logis de Heubner pour le prier de me prendre comme compagnon de voyage. Il était déjà parti avec Bakounine. Désespéré, il me faUut bien me rabattre sur la diligence que je trouvai enfin prête à partir. Après bien des aventures et bien des arrêts, j'arrivai à Chemnitz fort tard dans la nuit et descendis à l'hôtel le plus proche. Je dormis quelques heures. Le lendemain matin, dès cinq heures, je me rendis chez mon beau-frère Wolfram qui demeurait à quinze minutes de la ville.

En chemin, je demandai dans un corps de garde si le gouvernement provisoire était déjà arrivé. « Le gouvernement provisoire? me répondit-on. Ma foi ! il n'y en a plus !» Je ne compris pas. Chez mes parents, on ne sut pas non plus me renseigner sur ce qui se passait à Chemnitz, mon beau-frère ayant été appelé en ville comme garde civique. Il revint dans le courant de la matinée et nous raconta enfin ce qui s'était passépendant que je dormais à l'hôtel. Heubner, Bakounine et ce Martin que j'ai mentionné, m'avaient, paraît-il, devancé aux portes de Chemnitz. On leur avait demandé leurs noms ; Heubner avait décliné le sien avec assurance en donnant l'ordre de pré-

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