SUCCÈS DE LA RÉACTION
de Tendroit, son parent, chez lequel nous prenions notre sobre repas, ressentirent une profonde indignation de cet insuccès. Quant à moi, je n'en fus pas autrement ému, mes regards étant plutôt fixés sur les événements de l'Allemagne, spécialement sur ceux des pays rhénans et du grand-duché de Bade où l'on avait constitué un gouvernement provisoire. Mais lorsque nous apprîmes que là aussi le mouvement qui, au début, n'avait pas semblé sans espoir, [était complètement écrasé, je me sentis tout à fait démoralisé et abattu par la misère de ma situa tion personnelle.
Ce qu'elle avait eu d'extraordinaire et qui justifiait mon agitation, s'évanouissait dans la Ivulgaire nécessité des soucis d'existence. Pour achever de me décourager, ü suffit des nouvelles que je reçus enfin de mes amis weimariens et de ma femme. Les premiers exprimaient un jugement assez sec sur ma conduite des derniers temps et trouvaient que pour le moment on ne pouvait rien faire pour moi, surtout pas à Dresde ou à la cour grand-ducale, car « on ne frappe pas à des portes enfoncées », écrivait la princesse de Wittgenstein à Belloni. Je ne savais que dire à cela» il ne m'était nullement venu à l'esprit d'avoir recours à cette entremise. Mais, d'autre part, j'acceptai avec une satisfaction non déguisée les quelques secours qu'on m'envoya. Je résolus de les employer à retourner à Zurich où je pensais trouver un abri momentané chez^Alexandre MüUer dont la demeure était sufi&samment grande, à ce que j'avais constaté.
Ce qui m'attrista le plus, fut une lettre de ma femme, la