‹ Ma vie. II, 1842-1850Chapitre 24 sur 276 · M"*' SCHŒDER-DEVRIENT COMME SENTA · texte numérisé non relu

M"*' SCHŒDER-DEVRIENT COMME SENTA

plus du tout à la hauteur de sa partie. Il m'avait même, de son propre mouvement, exprimé ses craintes à cet égard.

Dès la lecture et à ma grande satisfaction, la célèbre artiste que j’admirais tant, témoigna un très vif intérêt à mon poème, et le temps qu’elle mit à étudier le rôle de Senta, et durant lequel je fus souvent auprès d’elle, devint une des époques les plus captivantes et les plus sérieusement instructives de ma vie. Des circonstances particulières devaient me mêler à son existence et me permettre de comprendre le caractère de cette femme remarquable.

Quoique la grande actrice, excitée par sa mère, la célèbre Sophie Schrœder qui demeurait alors avec elle, ne me cachât point son mécontentement de ce que j’eusse écrit précisément pour Dresde une oeuvre aussi brillante que Rienzi sans lui en avoir réservé le rôle principal, elle domina ce sentiment mesquin grâce à sa nature généreuse, et me traita hautement de génie. De plus, elle me témoigna la confiance qu’à son avis on ne pouvait accorder qu’au génie. Cette confiance devait avoir des suites critiques pour moi, car elle me choisit pour son confident et conseiller dans des affaires de cœur vraiment scabreuses. Il est vrai que la façon dont elle se déclarait publiquement mon amie était très flatteuse aussi.

Pour commencer, il me fallut l’accompagner à Leipzig où elle avait organisé un grand concert au bénéfice de sa mère. Elle crut le rendre particulièrement attrayant en annonçant au programme deux airs de mon Rienzi,

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