‹ Ma vie. II, 1842-1850Chapitre 250 sur 276 · L’ « ŒUVRE D’ART DE L’AVENIR · texte numérisé non relu

L’ « ŒUVRE D’ART DE L’AVENIR

artistiques, les seules dont je pusse m'occuper alors.

Sans cesse inquiet de trouver notre pain quotidien, et luttant vainement contre le froid de ma petite chambre du rez-de-chaussée sans soleil, j’écrivis, durant les mois de novembre et de décembre, un ouvrage assez volumineux sur VŒuvre d'art de Vavenir, Minna ne trouvait rien à redire à cette occupation, car le succès de ma première brochure faisait espérer des honoraires importants pour cette œuvre de longue haleine.

Je jouis ainsi d’un calme passager qui n’était troublé que par une agitation intérieure provenant de la lecture des œuvres de Louis Feuerbach. De tout temps, j’avais eu un penchant à sonder les profondeurs de la philosophie comme autrefois, sous l’influence mystique de la neuvième Symphonie de Beethoven, j’avais sondé celles de la musique. Mes premières tentatives pour satisfaire cette incünation avaient été absolument vaines. Les professeurs de Leipzig n’avaient pas réussi à me captiver par leurs cours sur la philosophie fondamentale et la logique. Sur la recommandation de Gustave Schlesinger, un ami de Laube, je m’étais procuré le hvre de Schelling, VIdéalisme transcendental, mais je m’étais cassé la tête sans résultat à en vouloir comprendre les premières pages et j’étais retourné à ma neuvième Symphonie,

Toutefois, dans la dernière période de mon séjour à Dresde, j’avais essayé encore de suivre cette ancienne tendance de mon esprit, et mes profondes et si captivantes études d’histoire en avaient été le point de départ. L’ouvrage de Hegel sur la Philosophie de l'histoire avait dû me servir d’introduction à la philosophie proprement

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