RETOUR VERS LES ÉTUDES PHILOSOPHIQUES
dite et j’y avais trouvé bien des choses devant lesquelles je m’inclinais. Il me semblait vraiment que ce chemin me conduirait enfin jusqu’au tabernacle du saint édifice philosophique. Plus les conclusions par lesquelles cet esprit colossal et puissant donnait la clef de toute connaissance supérieure me semblaient incompréhensibles, plus je m’apphquais à creuser la question de 1’ « absolu » et de ce qui s’y rapportait.
La révolution était venue m’interrompre; j’avais été détourné de ces études par les préoccupations pratiques sur la formation de la société nouvelle et c’est alors qu’un ancien théologien, du nom de Metzdorfif, prédicateur cathohque et agitateur pohtique au chapeau calabrais, m’avait rendu attentif au seul véritable et unique philosophe des temps modernes, à Louis Feuerbach.
Maintenant, à Zurich, mon récent ami le maître de piano Baumgartner m’apporta le hvre de Feuerbach sur la Mort et VImmortalité. Le style lyrique et attrayant de l’auteur exerça un grand charme sur moi, totalement novice en ces matières. Les questions captieuses qui y étaient traitées avec autant de prolixité que si on les posait pour la première fois, m’avaient déjà occupé du temps de mes conversations avec Lehrs à Paris, mais je ne m’y étais jamais attardé. Somme toute, je m’étais contenté des allusions que nos grands poètes font à ces importantes matières dans leurs oeuvres. La netteté avec laquelle Feuerbach traite, dans les parties les plus mûres de son ouvrage, ces thèmes si intéressants me plut précisément par sa tendance aussi tragique que radicale. Il me parut louable et juste de ne réserver la vraie