‹ Ma vie. II, 1842-1850Chapitre 254 sur 276 · WIELAND LE FORGERON · texte numérisé non relu

WIELAND LE FORGERON

quait ainsi le seul chemin qui pût me mener à une grande destinée.

Je repris donc les pourparlers avec Belloni et pour prouver que j’étais sincère, j’esquissai même un plan détaillé de la fable qui devait être versifiée par le poète français, car je ne pouvais songer, même de loin, à un sujet que je n’aurais pas trouvé moi-même. Je choisis la légende dont j'avais parlé avec chaleur à la fin de mon livre snxVŒuvre d'art de l'avenir, que je venais d’achever. C’était celle de Wieland le forgeron. Cette histoire extraite de la Wilkyna Saga m’était devenue familière par l’adaptation qu’en avait faite Simrock. Une fois le projet scénique composé tout entier en trois actes, avec dialogues détaillés, je crus que je pourrais, tout en soupirant, l’offrir à l’auteur parisien.

D’autre part Liszt espérait avoir découvert le moyen de faire connaître ma musique à Paris ; il s’était mis en relations avec M. Seghers, directeur des concerts de Sainte-Cécile, et celui-ci devait, au mois de janvier, faire exécuter mon ouverture de Tannhàuser, On jugea donc opportun que je fusse sur place dès cette époque. Des subsides fort inattendus me rendirent alors possible un voyage que, dans mon dénûment, je croyais irréalisable. J’avais bien demandé quelque secours à ma famille et à tous mes amis d’Allemagne, mais en vain. Mon frère Albert, dont la fille Johanna poursuivait une brillante carrière théâtrale, me traita, lui et les siens, comme un membre galeux dont on craint la contagion. Seule la famille Ritter, restée à Dresde, me donna les preuves de son attachement enthousiaste. Jusqu’ici je n'avais guère

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