‹ Ma vie. II, 1842-1850Chapitre 255 sur 276 · M“* JULIE RITTER · texte numérisé non relu

M“* JULIE RITTER

connu des Ritter que le jeune Charles. Lorsque sa respectable mère, Mme Julie Ritter, apprit ma situation par mon vieil ami Heine, elle considéra de son devoir de m’offrir immédiatement, par l’entremise d’ün correspondant, la somme de cinq cents thalers. Vers la même époque, je reçus de Bordeaux une lettre de cette Mme Laussot qui était venue me voir à Dresde l’année précédente ; en termes aimables et sensibles, elle m’assurait de nouveau de sa fidèle sympathie. Ce furent là les premiers symptômes d’une nouvelle phase de mon existence, phase dans laquelle je m’accoutumai à voir mon sort matériel dépendre de déterminations intimes qui me détachèrent peu à peu du cercle étroit de ma famille.

Pour le moment, cette aide n’était pas sans provoquer en moi un arrière-goût d’amertume, car elle m’enlevait le prétexte de retarder mon départ pour ce Paris détesté. Lorsque j’essayai de démontrer à ma femme qu’avec cet argent il nous serait, au fond, possible de nous tirer d’affaire à Zurich même, elle se fâcha très fort et m’accusa de faiblesse et de lâcheté. Elle me déclara que si je ne faisais pas au moins l’essai d’arriver à quelque chose de bien à Paris, elle désespérerait de moi et ne resterait pas à Zurich pour assister à ma ruine comme piètre écrivain et misérable directeur de quatrième ordre.

Nous venions d’entrer dans l’année 1850. Pour avoir la paix, j’avais enfin résolu de partir; mais mon très pénible état de santé retarda le voyage. A l’excitation des derniers temps avait succédé une réaction de mes nerfs, à ma longue et continuelle agitation, une apathie

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