‹ Ma vie. II, 1842-1850Chapitre 259 sur 276 · L’ÉDITEUR WIGAND. — ADOLPHE KOLATSCHEK · texte numérisé non relu

L’ÉDITEUR WIGAND. — ADOLPHE KOLATSCHEK

Ajoutez à cela que je n’avais guère plus de chance avec mes productions littéraires. Un exemplaire, débordant d’abominables coquilles, de mon livre VŒuvre d'art de l'avenir me fut envoyé par Wigand ; et au lieu des vingt louis promis, l’éditeur m’annonçait qu’il ne pouvait m’en accorder que la moitié : il s’était laissé tromper par la vente rapide à!Art et Révolution et avait taxé mes écrits à un prix trop élevé. L’écoulement nul des Wihelungen lui en avait donné la preuve. Heureusement qu’Adolphe Kolatschek, réfugié politique aussi, me demanda alors une collaboration bien rétribuée à une revue mensuelle allemande qu’il allait faire paraître et qui serait l’organe du parti progressiste. Pour répondre à cette invitation, je rédigeai un assez long article sur VArt et le climat, dans lequel je pensais compléter les idées que j’avais exprimées dans VŒuvre d'art de l'avenir. De plus, je n’avais parachevé mon esquisse de Wieland le forgeron qu’après mon arrivée à Paris. Ce travail était, il est vrai, devenu tout à fait inutile et je pensais avec épouvante à ce qu’il me faudrait écrire à ma femme maintenant que les précieux subsides s’étaient épuisés sans résultat appréciable.

Je songeais donc avec terreur à mon retour à Zurich et avec une frayeur égale à une continuation de séjour à Paris. Le sentiment déprimant de cette dernière éventualité fut augmentée encore par l’effet que me laissa une représentation de la nouvelle pièce de Meyerbeer, le Prophète, que je ne connaissais pas encore. Cette œuvre, imique produit des aspirations artistiques du gouvernement provisoire de la République française, s’élevait sur les ruines de toutes les espérances qu’avait suscitées

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