CHEZ MA MÈRE A LEIPZIG
de pauvres. Il nous fallut donc nous mettre immédiatement en quête d’irne modeste demeure ; nous la trouvâmes dans la « Tôpfergasse », à raison de sept thalers par mois.
Ayant fait les visites de politesse qu’exigeait l’acceptation de mon Rienzi et Minna étant pourvue de ce qu’il lui fallait pendant ma courte absence, je partis dès le 15 avril pour Leipzig, où je retrouvai ma mère et mes soeurs. Je ne les avais plus revues depuis six ans;
Pendant cet espace de temps si gros "l^d’événements pour moi, il s’était produit, en suite de la mort de ma sœur Rosalie, un grand changement dans la vie de notre mère. Elle qui, pendant de si longues années, avait dû vaquer aux soins d’une nombreuse famille, était maintenant délivrée de tout souci de ménage et de préoccupations matérielles : elle vivait dans une maison riante et confortable, proche de celle des Brockhaus. Sa bruyante activité et la violence de son caractère avaient fait place à la gaieté qui lui était naturelle, et, en toute sérénité, elle prenait part au bonheur prospère de ses filles mariées. Cette heureuse vieillesse, elle la devait surtout à la cordiale affection de son gendre Frédéric Brockhaus, pour lequel j’éprouvai à mon tour une bien sincère reconnaissance.
Ma mère ressentit un joyeux effroi à mon entrée inattendue dans sa chambre. Toute amertume disparut à l’instant entre nous ; et elle regretta de ne pouvoir me garder toujours auprès d’elle à la place de mon frère Jules, car ce malheureux bijoutier n’était point une société pour elle. C’est avec confiance qu’elle parla de-