EXPÉRIENCES RÉSULTANT DECETTE REPRÉSENTATION
Mme Schrœder-Devrient ayant dû bientôt quitter Dresde pour longtemps, il n’y eut que quatre représentations du Fltegender Hollaender et le nombre toujours décroissant des spectateurs me prouva bien que cette fois-ci les Dresdois n’étaient point contents de moi. Afin de sauver la gloire de ma réputation, la direction générale se vit forcée de reprendre Rietizi au plus vite. Le succès de cet opéra et l’échec du Fliegender Hollaender me donnèrent matière à méditations. En proie à une inquiétude étrange, je devais me dire que s’il était certain que le Fliegender Hollaender avait été joué médiocrement, il n’était pas moins sûr que le succès de Fienzi n’était pas exclusivement dû aux interprètes. De toute évidence, Waechter n’avait pas été à la hauteur de son rôle, mais Tichatschek non plus n’avait pas su rendre le caractère du sien, car je m’étais bien aperçu de l’indigence et des défauts de son interprétation. Pas un instant, il ne s’était soucié de la nature sombre et démoniaque de Rienzi, que j’avais fait ressortir dans les passages décisifs de l’action. Toujours il était demeuré le ténor héroïque et radieux, pour tomber d’autant plus tristement à genoux au quatrième acte en apprenant le décret de bannissement, et se résigner à son sort avec un lyrisme déplorable. J’eus beau lui faire observer que, tout en éprouvant une douleur profonde, Rienzi n’en demeurait pas moins ferme comme un roc, il ne voulut rien changer à son opinion personnelle ni à son jeu de scène qui, du reste, recueillait les bravos de l’assemblée. '
En réfléchissant ainsi à la faveur dont jouissait mon