SUCCÈS DU BALLET
Rienzi, je trouvai qu’elle provenait d’une part de l’organe éclatant et magnifique du chanteur, toujours prêt à le faire résonner, et de l’autre, de l’heureux ensemble des chœurs et de la bigarrure animée de la scène. En ce sens, je reçus une précieuse indication aussi lorsque nous donnâmes l’opéra en deux soirées. Le second soir, il y avait toujours moins de monde, bien que la dernière partie fût supérieure à l’autre sous le rapport dramatique et musical ; mais c’est dans la première partie que se trouvait le ballet. La preuve naïve que le passage le plus captivant de l’opéra se trouvait précisément là me fut donnée par mon frère Jules, qui était venu de Leipzig assister à une représentation. Ayant pris place avec lui dans une loge ouverte très en vue, je lui avais défendu tout applaudissement, ne fût-il destiné qu’aux chanteurs. Il put se contenir la soirée entière, mais à une certaine évolution du ballet, l’enthousiasme l’empoigna de telle façon qu’il se mêla à la jubilation du public et battit furieusement des mains, en me faisant signe qu’il lui était impossible de se dominer.
Chose extraordinaire, c’est ce ballet qui plus tard a valu à mon Rienzi, accueilli d’ailleurs assez froidement à Berlin, la prédilection marquée et durable du roi de Prusse. Bien des années après, il demandait encore qu’on rejouât cet opéra dont l’action dramatique n’avait pourtant pas pu échauffer le public berlinois. Bien plus tard aussi, à Darmstadt, assistant à une reprise de Rienzi, il m’a fallu constater qu’on en avait biffé de façon inouïe les meilleurs morceaux tandis qu’on avait ajouté des <i da capo » et des amplifications au ballet. Or, la musique de