MAÎTRE DE CHAPELLE ROYAL A DRESDE
cm capable et je dois avouer qu’il ne se départit jamais de la véritable bienveillance personnelle qu’il me voua, même plus tard lorsque nous eûmes des brouilles continuelles.
Néanmoins, mon assentiment ne s’obtint que par ime sorte de surprise. Le 2 février 1843, j’étais très aimablement convoqué au bureau de l’intendance royale ; j’y trouvai tout l’état-major de la chapelle groupé autour de M. de Lüttichau. Celui-ci fit alors donner solennellement lecture, par mon inoubliable ami Winkler, d’un décret royal portant que j’étais nommé maître de chapelle de Sa Majesté avec un traitement viager de i 500 tha- 1 ers. Cette lecture achevée, M. de Lüttichau prononça une allocution assez pompeuse : il admettait que j’acceptais avec reconnaissance la faveur du monarque. J’eus bien conscience que, par ce gracieux apparat, on m’enlevait toute possibilité de discuter la question des honoraires ; mais la suppression de l’année d’essai, à laquelle Weber lui-même avait été soumis, était calculée pour me flatter et me rédmre au süence.
Mes nouveaux collègues s’empressèrent de me féliciter ; M. de Lüttichau m’accompagna jusque devant ma porte en causant agréablement, et ma femme, éperdue de joie, tomba dans mes bras. De sorte qu’il me fallut bien prendre un air content et, si je ne voulais susciter d’esclandre, me laisser complimenter comme maître de chapelle royal.
Après une séance cérémonieuse au cours de laquelle je prêtai serment de servir fidèlement le roi et où le directeur général me présenta par quelques paroles pleines de