PAIEMENT I>E TOUTES MES DETTES
j'étais étudiant, et même de celui où j'allais au collège! Je finis par m'écrier que je m’attendais à recevoir encore la note de ma nourrice pour son allaitement.
Tout cela, il est vrai, ne faisait pas une grosse somme, et c’est pour démentir les racontars malveillants qu'on a répandus à ce sujet et que j'ai appris bien plus tard seulement, que je constate ceci aujourd'hui : mille thalers, prêtés par Mme Schrœder-Devrient moyennant intérêts, ont suffi à acquitter toutes ces dettes et tout ce que Kietz m'avait avancé à Paris sans espoir de remboursement. J'ai rendu à mon ami tout l’argent qu’il m'a procuré pendant notre détresse parisienne et, par-dessus le marché, j'ai pu lui venir en aide.
Mais cet argent, où l'aurais-je dû prendre? Je me trouvais dans une situation matérielle si précaire que, pour amener Mme Schrœder-Devrient à hâter la représentation du Fliegender Hollaender, j’avais dû lui avouer l’importance qu'avaient pour moi les tantièmes qui me seraient payés. Il n'était point question de m'octroyer d’indemnité pour mon installation, qui pourtant devait correspondre au rang d'un maître de chapelle ; je n'obtins même pas de dédommagement pour l'achat d'un ridicule et coûteux uniforme de cour, de sorte qu’absolument dépourvu de moyens, je ne pouvais songer à m'établir sans taire un emprunt en règle. Le grand succès de Rienzi, ij est vrai, entretenait en moi l'espoir que cet opéra serait bientôt joué avantageusement sur d'autres scènes allemandes, et mes propres parents, entre autres la sérieuse Ottilie, croyaient être assurés que mes revenus seraient bientôt doublés par les bénéfices des représentations. Au