PEU DE SUCCÈS AU DEHORS
début, cela parut en effet bien marcher. Le théâtre de la cour de Cassel et celui de Riga, que je connaissais bien, firent venir la partition de mon Fliegender Hollaender, Ils désiraient donner quelque chose de moi au plus tôt, et d’après les « on-dit » cet opéra était moins long et exigeait moins d’apparat que Rienzi, De ces deux villes je reçus en mai 1843 des nouvelles favorables sur le succès de la représentation. Mais là s’arrêta ce succès et toute l’année s’écoula sans que je reçusse la moindre demande de partition. Je voulus essayer de gagner un peu d’argent en publiant un arrangement pour piano du Fliegender Hollae'nder (je réservais pour l’avenir Rienzi qui, à mon avis, avait plus de chance de succès durable). Mais cet essai échoua devant la mauvaise volonté de MM. Haertel, à Leipzig, qui se déclarèrent prêts à éditer mon opéra, à condition que je renonçasse à tout honoraire.
Donc pour le moment, je ne pouvais me rassasier de mes succès qu’au figuré ; le public dresdois me marquait sa faveur par différentes attentions, mais ici aussi je devais bientôt voir crouler mon rêve d’Arcadie. Je crois que mon établissement à Dresde fut l’origine d’une ère nouvelle pour les journalistes et les critiques musicaux, et la rage qu’ils ressentirent de ma chance leur donna la force vitale qu’ils n’avaient pas eue jusqu’alors. Il est prouvé que les deux personnages que j’ai nommés déjà, C. Bank et J. Schladebach, n’élurent domicile à Dresde que vers cette époque. Je sais en outre que la police fit des difficultés à Bank et qu’elles ne furent levées que par l’intervention et sur la recommandation de mon confrère Reissiger.