‹ Ma vie. II, 1842-1850Chapitre 48 sur 276 · HENRIETTE SONTAG. — M”® DE LÜTTICHAU · texte numérisé non relu

HENRIETTE SONTAG. — M”® DE LÜTTICHAU

encore par les prévenances de la famille du chambellan de Kœnneritz. La femme de celui-ci, Marie de Kœnneritz, née Fink, et amie de la comtesse Hahn-Hahn, prit une part très vive, presque passionnée, à mes succès de compositeur. Il semble que, par cette famille qui m’attirait souvent chez elle, j’eusse dû prendre contact avec les cercles aristocratiques de Dresde; il n’en fut rien. Mes rapports avec la noblesse restèrent tout extérieurs et il n’y eut jamais de sympathie réciproque entre nous. J’appris cependant à y connaître la comtesse Rossi (la célèbre Sontag), qui, à mon grand étonnement, m’accueillit chaleureusement et me procura ainsi l’occasion de me rapprocher d’elle à Berlin, après que je me fus distingué quelque peu. Je raconterai au moment venu la singulière déception que j’éprouvai à cette seconde rencontre et j’ajoute seulement que, grâce à l’expérience que j’acquis, ces cercles ne m’en imposèrent bientôt plus. J e finis même par perdre tout désir et tout espoir d’entrer dans des sphères où je ne trouvais aucun réconfort.

Si la famille de Kœnneritz se montra amicale envers moi pendant tout le temps que je vécus à Dresde, ses rapports avec moi n’eurent aucune influence sur mon développement ou dans l’amélioration de ma situation. Seul, M. de Lüttichau prétendit, quand'la brouille éclata entre nous, que Mme de Kœnneritz m’avait tourné la tête par ses compliments exagérés et rendu présomptueux vis-à-vis de lui. Il ne semblait pas se douter que si quelqu’un pamn les dames de l’aristocratie avait contribué à fortifier ma fierté, c’était sa propre femme, Ida de Lüttichau, née de Knobelsdorf.

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