MENDELSSOHN ET RELLSTAB
Leipzig et dont je Tavais presque forcé d'accepter la partition, nombre d'années auparavant. Lui-même n'eut pas l'air de se souvenir de ce singulier cadeau. Dans sa luxueuse installation domestique, je sentis un froid de glace m'envelopper ; sans qu'il m'eût réellement tenu à distance, je ne pus me rapprocher de lui.
J'allai aussi chez Rellstab, pour lequel j'avais une lettre de son fidèle éditeur, mon beau-frère Brockhaus. Il me fit moins de pohtesses que Mendelssohn, mais son accueil ne fut pas meilleur, cbien au contraire, il me repoussa. C'était sans doute ce que Rellstab désirait, car il ne fit pas mine de s'intéresser à moi.
Je me trouvai ainsi fort démorahsé à Berhn et je faiUis souhaiter y revoir le conseiller de commission Cerf. Je cherchai vainement à me rappeler le Berlin que j'avais parcouru, animé de sensations juvéniles, aux côtés de Laube. Pendant les quelques semaines si désagréables que j'avais passées jadis dans cette ville, j'avais du moins rencontré un homme qui, malgré son écorce un peu rude, s'occupait de moi avec une véritable affection. Maintenant que je connaissais Londres et surtout Paris, la cité allemande, dont la piètre longueur ne faisait pas une grande ville, me causa un effet vraiment déprimant et je me disais que si dans ma vie je ne devais décidément arriver à rien, j'aimerais mieux en faire la triste expérience à Paris qu'à Berhn.
Au retour de ce voyage absolument inutile, je m'arrêtai encore quelques jours à Leipzig et pris quartier chez mon beau-frère Hermann Brockhaus, alors professeur de langues orientales à l'Université de cette ville. Sa famille