‹ Ma vie. II, 1842-1850Chapitre 50 sur 276 · MES RELATIONS A DRESDE · texte numérisé non relu

MES RELATIONS A DRESDE

lière dans laquelle je m’étais préparé à ces mêmes succès. A mes vieux amis Heine et papa Fischer s’étaient joints Tichatschek et son singulier inséparable. Ceux qui ont vécu à Dresde alors et qui ont connu Fürstenau, le lithographe de la cour, s’étonneront que je me sois lié presque sans m’en rendre compte avec cet ami intime de Tichatschek au point de le recevoir constamment chez moi ; mais la signification de cette singulière fréquentation est donnée par le fait qu’elle cessa de ma part au moment exact où ma position de Dresde croulait sous moi.

Mon élection au comité de la « Liedertafel » agrandit encore le cercle de mes amitiés superficielles. Cette société se composait d’un nombre assez restreint de jeunes commerçants et d’employés dont le but était plutôt de se distraire que de faire de la musique vocale ; mais leur président, le professeur Lœwe, homme assez excentrique, avait l’ambition d’atteindre certains résultats, et pour cela une autorité comme celle que je possédais alors à Dresde lui semblait nécessaire. Un de ses principaux vœux était d’obtenir la translation des cendres de C.-M. de Weber de Londres à Dresde. Je m’intéressai moi-même avec ardeur à la réalisation de ce désir et prêtai Volontiers la main à l’ambition mêlée de vanité du professeur. Il fallait tout d’abord organiser im grand festival de musique et convoquer toutes les sociétés chorales masculines de la Saxe pour renforcer la « Liedertafel », absolument nulle au point de vue musical. Afin de mener à bien ce projet, on créa un comité qui devait s’en occuper et Lœwe le présida avec une telle énergie qu’il le fit bientôt ressembler à un tribunal révolutionnaire

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