SÉJOUR D’ÉTÉ A TŒPLITZ
j’avais une prédilection et où j’avais envoyé ma femme à l’avance.
En y arrivant, j’éprouvai une vraie satisfaction à constater le changement agréable de ma situation, comparée à celle de l’année précédente. Au lieu de la chambre étroite dont j’avais dû me contenter alors, je louai dans la même maison, « Au Chêne », à Schœnau, quatre belles pièces aussi confortables que possible. Ma sœur Clara répondit à notre invitation ; ma bonne mère aussi, qui venait chaque année soigner sa goutte à Tœplitz, se retrouva auprès de nous. Moi-même, j’employai ce séjour à suivre une cure d’eau minérale, espérant obtenir une améhoration de l’affection du bas-ventre que j’avais contractée à Paris. Malheureusement, j’en éprouvai l’effet contraire, et lorsque je me plaignis de l’agitation et de la nervosité pénibles qui en résultaient, j’appris que je me conduisais contre toutes les règles médicales. On avait remarqué qu’à la promenade matinale pendant laquelle je buvais mon eau, je déambulais au pas de course les sentiers ombreux du Jardin de Thum et l’on me fit comprendre que l’eau ne produirait son bon effet que si je marchais lentement et gardais une allure calme. De plus, on vit aussi que j’emportais toujours un assez gros livre que j’ouvrais lorsque, sur les bancs solitaires, je me reposais à côté de ma bouteille d’eau. C’était la Mythologie allemande de J. Grimm. Qui connaît ce livre comprendra que son contenu si riche, rassemblé de toutes parts et réservé presque exclusivement aux érudits, me mît dans un état de violente excitation. Je cherchais de la clarté et des personnages nettement dessinés et je ne trouvais là