LE PROFESSEUR WERDER
Si
mettait à Tart allemand une œuvre telle que le Fliegender Hollaender. Mes cheveux se dressèrent sur ma tête : je vivais en plein conte d’Hoffmann ; il me fut impossible d articuler un mot. Je pus seulement m’informer du nom de l’inconnu, ce qui parut l’étonner, car le jour précédent, nous avions déjà causé ensemble chez Mendelssohn. Là précisément, ma conversation et ma manière d’être lui avaient fait de l’impression. Il avait soudain regretté de ne pas avoir assisté à la première du Fliegender Hollaenderf et s’était promis de ne pas manquer la seconde représentation. Il se nommait Werder, professeur. Cela ne me disait rien et il dut m’écrire son nom. Il prit du papier et de l’encre et accomplit mon désir, puis il me quitta, et moi, presque sans savoir ce que je faisais, je me jetai sur mon lit et tombai dans un profond sommeil. Le lendemain, j’étais frais et dispos. Je pris congé de Mme Schrœder-Devrient qui promit de veiller encore sur le Fliegender Hollaender; j’empochai mes cent ducats d’honoraires et rentrai par Leipzig où je laissai les ducats à mes parents pour acquitter les avances qu’ils m’avaient faites pendant ma période d attente à Dresde, alors qu’il me fallait subvenir aux besoins les plus pressants. Puis je retournai à Dresde où je me sentis heureux au milieu de mes livres, avec le loisir de réfléchir à la profonde impression que m’avait laissée la visite de Werder.
Vers la fin de ce même hiver, je reçus encore une invitation en règle pour Hambourg, où l’entreprenant directeur Cornet allait donner Rtenzi. Il m’avoua que pour lutter contie la mauvaise tournure que prenaient ses