LE « PAÜLUS » DE MENDELSSOHN
compte qu’en suppléant à la direction de ces représentations de hasard et souvent sans avoir eu de répétition préalable, je demeurais absolument sans influence. Toutefois, je me sentais moi-même dans une fausse position : l’impossibilité de redresser ces défauts, ma dépendance de la plus vulgaire routine, la surcharge des affaires, me rendaient ma situation insupportable, bien que j’en eusse connu d’avance tous les désagréments.
Mon collègue Reissiger, auquel je me plaignais souvent de ce que l’intendance s’occupait si peu de nos réclamations pour le maintien de productions vraiment artistiques dans le domaine de l’opéra, me consolait en affirmant qu’avec le temps je ferais comme lui : je ne m’occuperais plus de ces chimères et me résignerais au sort inévitable des maîtres de chapelle. Et ce disant, il se frappait fièrement sur le ventre en me souhaitant d’en avoir bientôt un aussi replet.
J’avais des raisons de m’indigner davantage encore de cette routine en constatant la manière dont nos meilleurs directeurs traitaient la reproduction de nos chefsd’œuvre. Dans ces premières années, Mendelssohn fut invité à venir diriger son Paulus à l’un des grands concerts du dimanche des Rameaux que donnait l’orchestre de Dresde. Cette œuvre, que j’appris à connaître alors, me produisit un effet si favorable que j’éprouvai de nouveau le désir chaleureux de me rapprocher de Mendelssohn. Mais une singulière conversation que j’eus avec lui le soir même du concert refoula cette envie.
Après l’oratorio, Reissiger dirigea la huitième symphonie de Beethoven ; or, pendant les répétitions, j’avais