COMPOSITION DU « TANNHÀUSER » ACHEVÉE
il avait fait le long chemin de notre maison de campagne à la ville. Sans me soucier davantage des célébrités européennes qui avaient assisté au spectacle, je retournai à ma paisible villégiature où Minna m’accueillit avec joie, heureuse surtout de retrouver Peps qu’elle avait cru perdu.
C’est là que je reçus la visite de Werder qui, à Berlin, m’avait témoigné sa sympathie de si bizarre façon. Cette fois je le vis en plein jour, sous un ciel serein, et je pus discuter gaiement avec lui sur la valeur du Fliegender Hollaender, contre lequel je montrais quelque prévention, depuis que j’avais TannMuser en tête. Et rien n’était plus drôle que de combattre sur ce point l’opinion de mon ami et d’apprendre de lui les quahtés de mon ouvrage.
Nos quartiers d’hiver repris, je m’efforçai de ne pas laisser entre la composition du deuxième et du troisième acte de Tannhàuser un aussi long intervalle qu’entre les deux premiers et, malgré mes nombreuses occupations, grâce aussi à la bonne influence de réguHères promenades sohtaires, je parvins à achever le troisième acte avant la fin de l’année, c’est-à-dire le 29 décembre. Ce qui, entre temps, m’avait le plus distrait de ma composition, c’était un assez long séjour de Spontini, venu chez nous à propos de son nouvel opéra la Vestale, qu’on montait à Dresde. Les singuliers incidents et les traits caractéristiques qui illustrèrent mes relations avec le vénérable et célèbre maître sont demeurés si vivants dans ma mémoire qu’ils me semblent valoir la peine d’être racontés.
Nous étions en dioit d’espérer un grand succès des