SPONTINI INVITÉ A DRESDE
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représentations de la Vestale : nous avions le concours de Mme Schrœder-Devrient et l’exécution de la musique était en partie excellente. Je suggérai donc à M. de Lüttichau l’idée d’inviter Spontini à venir diriger personnellement son œuvre si justement renommée. Le \deux maître se détournait alors à jamais de Berlin où il avait souffert de profondes humiliations ; en l’invitant, nous lui offrions une sorte de réparation amicalement démonstrative. Chargé de la direction de/â: Vestale, je reçus aussi la mission de m’entendre avec lui.
Quoique j’eusse écrit moi-même ma lettre en mauvais français, il faut croire qu’elle lui inspira la plus grande confiance dans le zèle que j’apportais à l’entreprise, car dans une réponse fort majestueuse, il m’exprima ses désirs spéciaux pour la fête à laquelle il devait participer. Il se déclarait absolument tranquille sur la valeur des interprètes, puisqu’une Schrœder-Devrient se trouvait parmi eux ; il comptait que rien ne manquerait à une mise en scène convenable des chœurs et des ballets et que l’orchestre aussi le satisferait pleinement. Celui-ci renfermait sans aucun doute un nombre suffisant d’excellents instruments et le tout serait garni de douze bonnes contrebasses (i). Cette phrase me brisa le cœur; elle m’indiquait en chiffres la proportion des autres exigences du maître. Je courus chez l’intendant pour le préparer aux difficultés que rencontrait notre projet. Son effroi fut grand et réel ; il fallait à toute force trouver un prétexte pour annuler l’invitation. Mme Schrœder-Devrient apprit
(i) En français dans le texte allemand.