INTERPRÉTATION DE LA « VESTALE
tion allemande met dans la bouche de Licinius lorsqu'il s'adresse à Julia. Il trouvait ce mot odieux à l'oreille et ne concevait pas qu’on pût employer en musique un assemblage de sons aussi barbares que celui-là. Le chanteur peu doué et assez mal dégrossi qui faisait le grand prêtre reçut une leçon moins brève. Le compositeur lui expliqua le caractère du personnage qui se dessinait dans son récitatif dialogué avec Halifex. Il devait comprendre que le tout n'était qu'une machination de prêtres se basant sur la superstition. Le pontifex ne craint pas son rival, même quand celui-ci est à la tête de l'armée romaine. Dans le pire des cas, U est prêt à rallumer le feu des Vestales, au moyen de ses merveilleuses machines. De sorte que, si Julie échappait au sacrifice, ce soi-disant miracle sauverait le prestige de la théocratie.
Dans une conférence au sujet de l'orchestre, j'avais demandé à Spontini pourquoi lui qui, d'ordinaire, employait si volontiers les trombones, ne s’en était point servi dans la magnifique marche triomphale du premier acte. Il me demanda à son tour, étonné : Est-ce qm je 71'y ai pas de tronibo 7 îes? Je lui montrai la partition gravée; il me pria alors d'ajouter quelques trompettes et de les faire jouer dès la répétition suivante. Il me dit aussi : J*ai entendu dans votre Rienzi un instrument que vous appelez basse-tuba; je ne veux pas bannir cetinstrument de Vorchestre: faites-m'en une partie pour la Vestale.
Je fus heureux de répondre à son désir avec choix et discrétion. Lorsqu'il en constata pour la première fois l'effet, il me lança un regard de tendre gratitude et la satisfaction que lui causa ce facile ornement de sa par-
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