REPRÉSENTATION DE LA « VESTALE
scène et présenter sous la lumière la plus riante le buisson de roses de Vénus devant lequel des prêtres et des prêtresses couronnés de fleurs unissent le couple éprouvé. Ce changement ne contribua malheureusement pas à augmenter un succès que souhaitait tout le monde.
Dans la représentation qui marcha avec feu et précision, un inconvénient se présenta dont nous ne nous étions pas aperçus. Notre célèbre Mme Schrœder-Devrient n’était certainement plus d’âge à jouer le rôle de la plus jeune des Vestales; sa tournure un peu lourde ne s’y prêtait plus et elle se présenta d’autant moins favorablement qu’on la comparait forcément avec la grande prêtresse dont la jeunesse était trop apparente. Ce rôleci était tenu par ma nièce, Johanna Wagner, qui, par sa voix d’une beauté ravissante et son talent dramatique, éveillait chez le spectateur le sentiment que les rôles eussent dû être intervertis entre les deux cantatrices. Cette malheureuse circonstance n’échappa point à la clairvoyance de la Devrient ; aussi crut-elle devoir se servir de tous les moyens qu’elle avait à sa disposition pour conserver victorieusement sa suprématie ; mais ses efforts la firent tomber dans l’exagération et même, au moment pathétique, dans un excès déplorable.
Lorsque, après le grand trio du second acte, elle voit le bien-aimé sauvé par la fuite, et que, dans un épuisement douloureux, eUe descend sur le devant de la scène en poussant le cri de son cœur oppressé : « Il est libre ! » elle se laissa entraîner à parler ces mots au lieu de les chanter. Elle connaissait l’effet que peut produire une extrême émotion exprimée ainsi : dans Fidelio, elle avait provoqué