‹ Ma vie. II, 1842-1850Chapitre 87 sur 276 · SPONTINI ET L’ « ANTIGONE · texte numérisé non relu

SPONTINI ET L’ « ANTIGONE

soi-disant romantique, à « la Freischütz ». Un homme sérieux ne s'adonnait pas à de tels enfantillages : Tart était quelque chose de sérieux et Spontini, lui, avait épuisé tout ce qui est sérieux. Et enfin, de quelle nation sortirait donc le compositeur qui surpasserait Spontini? Pas de chez les Itahens, toujours, qu'il traitait tout simplement de cochons, ni des Français qui avaient imité ces derniers; pas des Allemands qui ne se déferont jamais de leurs niaiseries et qui, en admettant qu'ils aient eu de bonnes dispositions, sont absolument gâtés par les Juifs? Oh! croyez-moi, il y avait de Vespoir pour VAllemagne lorsque fêtais empereur de la musique à Berlin; mais depuis que le roi de Prusse a livré sa musique au désordre occasionné par les deux Juifs Errants quil a attirés, tout espoir est perdu.

Ici notre aimable hôtesse crut bon de distraire le maître très excité. Le théâtre n'était qu'à deux pas; eUe engagea Spontini à s'y faire accompagner de notre ami Heine, qui se trouvait parmi les invités ; il verrait une représentation à!Antigone, elle l'intéresserait certainement par sa mise en scène antique, qui était de Semper. Le maître refusa d'abord, prétendant qu'il connaissait tout cela, et mieux, par son Olympie, On parvint cependant à le décider à s'y rendre, mais il revint au bout de quelques instants et déclara avec un sourire méprisant qu'il en avait assez vu et entendu pour être confirmé dans son opinion. Heine nous raconta qu'à peine entré dans la loge d'amphithéâtre presque vide, Spontini s'était tourné vers lui au moment où commençait le chœur de Bacchus et lui avait dit : C*est de la Berli-

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