DÉPART DE SPONTINI
ner Sing~Academie, allons-nous-en. Par la porte ouverte un rayon de lumière avait éclairé un personnage solitaire, dissimulé derrière une colonne : Heine avait reconnu Mendelssohn et il était convaincu que ce dernier avait entendu la réflexion de Spontini.
Aux remarques très agitées que fit le maître, nous comprîmes qu’il comptait être retenu à Dresde assez longtemps pour y faire représenter tous ses opéras. Cependant Mme Schrœder-Devrient qui craignait im fiasco pénible pour la seconde représentation de la Vestale (dont lui souhaitait passionnément le succès), crut agir sagement et dans l’intérêt de Spontini, en empêchant cette représentation tant qu’il serait à Dresde. Elle prétexta une nouvelle indisposition et je fus chargé par la direction de prévenir le compositeur de cet ajournement, sans doute fort long.
Cette mission m’était si pénible que je me fis accompagner par Rœckel qui avait appris, lui aussi, à aimer Spontini et qui parlait le français beaucoup plus couramment que moi. Réellement inquiets et nous attendant à une scène désagréable, nous nous rendîmes chez lui, mais à notre étonnement le maître, déjà prévenu par im billet aimable de la Devrient, nous accueiUit de la meilleure humeur du monde et nous annonça qu’il devait partir sur-le-champ pour Paris. De là, il irait le plus tôt possible à Rome où l’appelait le Saint-Père qui venait de le nommer comte de Saint-André. En outre, il nous montra un autre document par lequel le roi de Danemark lui conférait la noblesse. C’était sa nomination de chevalier de l’ordre de l’Éléphant qui, en effet, anoblit son porteur ;