‹ Ma vie. II, 1842-1850Chapitre 91 sur 276 · HENRI MARSCHNER · texte numérisé non relu

HENRI MARSCHNER

d’une nature particulière, que je ne devais plus jamais éprouver.

Les temps qui suivirent me mirent à même de faire des expériences sur d’autres personnalités artistiques de l’époque. Ces expériences furent très diverses et il me faut parler de la plus intéressante, celle que je fis avec Henri Marschner.

Très jeune encore, Marschner avait été appelé par Weber à la direction de l’orchestre de Dresde. A la mort de Weber, il se flatta, semble-t-il, de devenir son successeur. S’il fut trompé dans son espoir, et s’il n’obtint pas la place, ce fut moins à cause de ses moindres mérites que de sa désagréable manière d’être. Mais un beau jour, il eut la chance de faire, par sa femme, un héritage inespéré qui lui permit de renoncer à toutes fonctions rétribuées et de se vouer uniquement àla composition d’opéras. Pendant la période orageuse de ma jeunesse, alors que le démon de la musique s’empara de moi, Marschner habitait Leipzig et c’est dans cette ville qu’avaient eu heu les premières de ses opéras les plus renommés : le Vam* pire et le Templier et la Juive, Ma sœur Rosahe m’avait mené une fois chez lui afin qu’il donnât son avis sur moi. Il ne fut pas désobhgeant, mais cette visite resta sans résultat. J’assistai encore à la première de sa Fiancée du Fauconnier qui n’eut guère de succès. Plus tard, il se fixa à Hanovre.

C’est à Wurzbourg que j’appris à connaître son Hans Heiling, joué en premier heu à Berhn; j’y remarquai de l’hésitation dans la tendance et une diminution de force créatrice. Différents opéras parurent ensuite :

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