‹ Ma vie. II, 1842-1850Chapitre 92 sur 276 · SON OPÉRA « ADOLPHE DE NASSAU · texte numérisé non relu

SON OPÉRA « ADOLPHE DE NASSAU

le Château sur VEtna, le Babu, qui ne devinrent jamais populaires. La direction de Dresde avait toujours traité Marschner avec une sorte de rancune et Ton ne donna souvent que son Templier, Mon collègue Reissiger dirigeait cet opéra, mais pendant une de ses absences, je fus chargé de le remplacer. Je travaillais précisément à Tannhàuser, Je me rappelle que bien qu'ayant souvent fait jouer cette oeuvre à Magdebourg, je souffris indiciblement à présent de son instrumentation embarrassée et déréglée, si bien qu'au retour de Reissiger, je le priai de conserver désormais la direction de cet opéra. Toutefois, dès que j'avais été nommé maître de chapelle, j'avais par point d'honneur artistique poussé à la représentation de Hans Heiling, L'insuffisance de l'interprétation, à laquelle je ne pouvais remédier à cette époque, ne permit pas que le succès s'établît tout de suite. D'ailleurs la composition parut vieillie. J'appris alors que l'auteur venait d'achever un nouvel ouvrage : Adolphe de Nassau, Dans un article réclame qui me parvint làdessus et dont je ne pouvais constater la véracité, on vantait la noble tendance patriotique allemande de la dernière création de Marschner. Désirant habituer le théâtre de Dresde à l'initiative, je décidai M. de Lüttichau à réclamer cet opéra pour notre ville avant qu'il fût joué ailleurs.

Marschner, qu'à Hanovre la direction du théâtre ne traitait pas avec une aménité particulière, répondit à notre demande avec beaucoup d'empressement; il envoya la partition et offrit de venir à Dresde pour la représentation. M. de Lüttichau ne tenait pas à le revoir à la tête de

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