ÉCHEC DE LA PIÈCE
Une Viennoise, Mme Spatzer-Gentiluomo, cantatrice très moderne et forte en vocalises, qui nous était arrivée de Hanovre et sur laquelle Marschner comptait beaucoup, ne fut point mécontente de sa partie; elle y trouvait des effets brillants pour sa voix. Et vraiment, il y eut un finale dans lequel mon « maître allemand » faillit surpasser Donizetti. La princesse empoisonnée par une rose d'or, présent du méchant évêque de Mayence, tombe dans le délire. Adolphe de Nassau, à la tête des chevaliers allemands, jure de la venger et épanche ses sentiments dans une strette accompagnée d'un chœur, si maladroite et si vulgaire que sans aucun doute Donizetti l'eût jetée à la tête de son plus faible élève.
Marschner arriva donc pour les dernières répétitions ; il fut absolument satisfait et me donna suffisamment l'occasion de m'exercer, sinon à mentir, du moins à taire mon opinion, de sorte qu'il fut en droit de croire à mon zèle et à mon respect. A la représentation, le public se conduisit malheureusement à peu près comme mes chanteurs à la répétition. Nous mîmes au monde un enfant mort-né. Marschner se consola cependant, car on avait bissé son quatuor bachique, qui rappelait le : « Ils ne l'auront pas, notre hbre Rliin allemand ! » de Becker. Après la représentation, je reçus le compositeur chez moi en compagnie de quelques amis ; mais à mon regret les chanteurs firent défaut : ils en avaient assez.
Dans son toast, M. Ferdinand Hiller eut l'esprit d'accentuer la valeur de Marschner comme compositeur allemand d'une œuvre allemande. Mais il fut drôlement désavoué par le musicien lui-même qui nous apprit qu'il y