‹ Ma vie. II, 1842-1850Chapitre 96 sur 276 · LES OPÉRAS DE MILLER · texte numérisé non relu

LES OPÉRAS DE MILLER

trop pourquoi. Il avait loué un petit pavillon d’été au « Pimaischer Schlag » et sous un bel arbre de son jardin il avait placé un piano et travaillait dans une retraite idyllique à son Camp de Silésie, Comme il se tenait étonnamment à l’écart, je ne le vis pour ainsi dire jamais. Vers cette époque Ferdinand Hiller s’empara peu à peu de tout ce qui, sur le terrain musical de Dresde, n’était pas entre les mains de l’orchestre officiel et de ses directeurs ; et, pendant nombre d’années, il y consacra toutes ses forces. Possédant une certaine fortune, il se créa un intérieur confortable et sa maison devint un centre de réunion agréable, recherché surtout des Polonais, nombreux à Dresde. HiUer était secondé par sa femme, une remarquable juive de Pologne qui s’était convertie en même temps que lui à la religion protestante ; ils s’étaient, par-dessus le marché, fait baptiser en Italie. Hiller s’était présenté au public de Dresde par un opéra de sa composition que nous donnâmes au Théâtre de la cour : le Songe de la nuit de Noël.

Depuis que l’événement extraordinaire de la représentation de mon Rienzi avait créé un succès durable, notre pubhc s’était émancipé et plus d’un compositeur tournait ses regards vers la paisible « Florence sur l’Elbe » dont Laube avait dit un jour qu’en y arrivant, on faisait toujours amende honorable d’avoir oublié trop vite toutes les bonnes choses qu’on y trouvait.

Hiller se figurait que son Songe de la nuit de Noël était une œuvre essentiellement allemande. D’un horrible drame de Raupach : le Meunier et son enfant, il avait tiré un sujet d’opéra avec dialogue et musique. Il

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