‹ Ma vie. III, 1850-1864Chapitre 149 sur 376 · EXPLICATION AVEC MINNA · texte numérisé non relu

EXPLICATION AVEC MINNA

alors à la conduite de Minna qu’elle croyait n’avoir plus besoin d’attacher grande importance aux récents événements. Elle se figurait qu’il s’était agi simplement d’une « petite amourette » à laquelle elle avait mis bon ordre. Comme elle en parlait sur un certain ton narquois fort désagréable, il me fallut un soir, malgré tous les égards que j’avais pour sa santé, lui expliquer clairement la situation qu’elle m’avait faite et lui démontrer qu’en suite de sa désobéissance et de sa conduite ridicule envers notre voisine, il était douteux que nous pussions rester dans notre « asile » où nous venions de nous établir avec tant de peine. Je la prévenais de plus qu’une séparation entre nous serait alors inévitable, et que, ce cas échéant, j’étais décidé à^ne plus reprendre notre vie commune. Toutes les choses sérieuses qu’à cette occasion je dis à ma femme sur le caractère de notre passé parurent l’émouvoir violemment, surtout lorsqu’elle comprit qu’elle était cause de l’effondrement de notre existence édifiée avec tant de difficultés. Pour la première fois depuis que je la connaissais, je l’entendis proférer une plainte digne et affectueuse. Pour la première et unique fois aussi, elle me donna une preuve de tendre humilité en me baisant la main, quand je la quittai, au milieu de la nuit.

Cet acte me toucha profondément et m’inspira la pensée d’un changement possible et£subit dans le caractère de la malheureuse femme. Et, de nouveau, l’espoir germa en moi de pouvoir demeurer quand^même dans la situation où nous nous trouvions. Tout semblait vouloir confirmer cet espoir. Ma femme retourna à Brestenberg; le plus riche été favorisa mes bonnes dispositions au

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