ARRIVÉE A PARIS (15 SEPTEMBRE
De Zurich, je me dirigeai sur Winterthur où je souhaitais voir Sulzer. Je ne trouvai que sa femme et le petit garçon qui leur était né : ils me produisirent tous deux une impression de touchante amabilité, à laquelle contribuait aussi la pensée que mon ami, vieux avant l’âge, était maintenant un heureux père. Le 15 septembre, j'arrivai à Paris. Je songeais à me loger dans les environs des Champs-Élysées et c’est pour cette raison que je descendis avenue de Matignon. Mon but était de découvrir une petite maison isolée qui pût devenir l’asile silencieux de mes vœux. J’allai à sa recherche et crus bien faire en m’adressant dans ce but à toutes les personnes de Paris dont je me souvenais encore. Mais les Ollivier étaient absents ; Mme d’Agoult était malade et sur le point de partir pour l’Italie ; elle ne put me recevoir et m’adressai sa fille, la comtesse de Chamacé ; j’allai voir celle-ci[mais sans réussir à lui faire comprendre ce que je voulais. Je me rendis aussi chez les Hérold qui m’avaient bien accueilli lors de mon dernier séjour à Paris ; mais Mme Hérold souffrait d’une excitation maladive bizarre qui la|rendait indifférente à tout, de sorte qu’au lieu de lui exposer l’objet de ma demande, je ne songeai qu’à éviter de l’agiter et renonçai à lui parler de mes projets.
Il ne me restait donc plus qu’à me mettre moi-même en campagne. Pour réaliser mon désir passionné de vivre à mon gré, je choisis sans autre renseignement, rue Newton (rue inachevée près des Champs-Élysées et de la Barrière de l’Étoile), un joli pavillon avec jardinet que je louai pour trois ans à raison de quatre mille